la fille secrète

noir et thénèbrentine :
je peins une ombre
que je n’ai pas imaginée

les vestiges d’un amour fou
un daguerréotype piqueté
bordé de lames de rasoir
et fiché en plein cœur

les laborantins de cornaline
ceux qui ont dérobé les piments
disposent dans mon sac, à emporter,
des larmes d’amertume
des distorsions en conserve
et des caillots de sang occulte
et toi, tu m’as donné des pigments de ténèbres Continuer la lecture de la fille secrète

méditerration

éviter l’amour propre est sagesse
léviter d’amour sale est péché
mais des amours inqualifiés tournent dans le ciel
des merles bleus et des océanites
j’ai dans les yeux des cités de méditerranée
je ne sais pourquoi aujourd’hui
ton nom a fait lever athènes et alexandrie

papiers

bty

s’écoule une nuit liquide
je rêve l’œil et la griffe d’un tigre d’encre

des shides déchirés
le vent a soufflé les goheis comme des bougies
ne vois-tu pas : plus d’enceinte, plus de profane
nous baignons et baisons au milieu des esprits

mais l’esprit que je cherche
n’est plus là pour le voir
et l’exil ainsi demeure
quand il n’y a plus de frontière
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maintenant

on ne peut au cou de pégase
vouloir passer un collier de roses
et se désoler quand battent ses ailes

– à l’heure indienne son galop reviendra,
ou peut-être ne reviendra pas
la sève n’est pas une rivière que l’on détourne

et je n’ai pas le goût des canaux sages où paressent les bateleurs
j’aime le flot et le flux comme ils viennent
le vent libre dans les herbes hautes au long des méandres
et dans les ajoncs le chant des canards sauvages
et plus encore la jouissance vive qui gronde comme une guerre
l’ivresse quand le flot s’accélère
et franchit le bord,
dans la cascade,
le vol

maintenant