le dict du vieil harry

… … …
ma danse de vieillard
ma danse sur les falaises
au bruit du ressac
old harry rocks
rocks like the sea

et puis s’asseoir
les jambes dans le vide
tu pourrais être la mer
ou cette vague qui s’avance,
laisse entrevoir dans son eau
le ciel antérieur,
des paysages fantastiques,
la fête foraine
d’une jouvence renouvelée
et se retire
avant que je n’aie pu plonger

Continuer la lecture de le dict du vieil harry

ἐλευθερία

être : sans intérêt
exister, pas mieux
ce qu’il faut, c’est briser là,
partir
s’arracher à la rive des narcisses
sur une piste, en pas chassés, s’abrutir à mourir on the last song,

disparaître en regardant
disparaître dans

les étoiles, leur feu de bengale,
et le givre sur les pétales attardés des roses et des passiflores
tes doigts qui comptent les mailles d’un tricot,
ou framboises de neige,
pincent un cierge magique à la tombée d’un soir d’hiver,

Continuer la lecture de ἐλευθερία

kaiser melange

comme venue de l’autre côté du miroir
de l’autre côté du vent
une voix qui pourrait être la tienne
répète qu’il ne faut pas tout mélanger
mais mon âme demeure un cocktail
aux couleurs flammées de moire et d’iris,
la robe d’un combattant du siam,
solitaire et nocturne

si je vois la nonchalance de ces éléphants funambules ?
leurs jambes de jazzmen et leurs trompes saxo,
qui traversent la nuit sur leurs cordes emperlées de rosée
rosée,
si hauts sur la cité, au-dessus des serres et des verrières ?

l’œil qu’un être ailé a enchâssé dans les tendons au dos de ma main les voit

Continuer la lecture de kaiser melange

l’abîme et la bête

qu’as tu,
de ces ciseaux de tes pas
qui découpent l’être,
ou des mots derniers d’une langue perdue
– revenants et sourciers qui font lever l’influx -,
réveillé cette bête
qui sommeillait au bord du gouffre
absente, muette, tant qu’on la croyait morte
basculée dans le néant, après la chute de l’aigle
après qu’ont chu l’étoile et sa larmée de couleur
séchée en poussière et évanouie dans le vent

Continuer la lecture de l’abîme et la bête

tendresse

ces veinules d’un estran porcelaine
blanc de sable fin comme une membrane
ce pourrait être le coeur d’une reine albinos
battant le tambour d’un sang outre-mer,
de quoi rêver un peu à l’aube,
une aubaine quand dans le lapidaire
manquent désormais les lapis d’ailes

et au cœur du cœur entre les capillaires
une fleur de miller : nexus, plexus et sexus, en un mouvement
fleur d’udumbara, d’or et d’aigue-marine
qui ne fleurit que tous les 3000 ans

Continuer la lecture de tendresse