kaiser melange

comme venue de l’autre côté du miroir
de l’autre côté du vent
une voix qui pourrait être la tienne
répète qu’il ne faut pas tout mélanger
mais mon âme demeure un cocktail
aux couleurs flammées de moire et d’iris,
la robe d’un combattant du siam,
solitaire et nocturne

si je vois la nonchalance de ces éléphants funambules ?
leurs jambes de jazzmen et leurs trompes saxo,
qui traversent la nuit sur leurs cordes emperlées de rosée
rosée,
si hauts sur la cité, au-dessus des serres et des verrières ?

l’œil qu’un être ailé a enchâssé dans les tendons au dos de ma main les voit

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l’abîme et la bête

qu’as tu,
de ces ciseaux de tes pas
qui découpent l’être,
ou des mots derniers d’une langue perdue
– revenants et sourciers qui font lever l’influx -,
réveillé cette bête
qui sommeillait au bord du gouffre
absente, muette, tant qu’on la croyait morte
basculée dans le néant, après la chute de l’aigle
après qu’ont chu l’étoile et sa larmée de couleur
séchée en poussière et évanouie dans le vent

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tendresse

ces veinules d’un estran porcelaine
blanc de sable fin comme une membrane
ce pourrait être le coeur d’une reine albinos
battant le tambour d’un sang outre-mer,
de quoi rêver un peu à l’aube,
une aubaine quand dans le lapidaire
manquent désormais les lapis d’ailes

et au cœur du cœur entre les capillaires
une fleur de miller : nexus, plexus et sexus, en un mouvement
fleur d’udumbara, d’or et d’aigue-marine
qui ne fleurit que tous les 3000 ans

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vert-ulysse

miroir dansant de rêviere
comme un plafond transmuté
l’écran de paupières lointaines
me transporte dans l’essence d’erin

– l’aube malachite comme une préquelle
tout-à-l’heure se rasera l’abominable malachi

– berce-moi
laissez tomber, rendez les armes
la citadelle du silence est inexpugnable
et noémie vit dans sa plus haute tour
une tour d’ivoire qui fut la défense d’un mammouth cosmique
– le grand mammouth bleu, à la fourrure épaisse comme une forêt,
qui enfanta ganesh, mais c’est une autre histoire

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dormition

et comme dans mes rêves d’enfant
dansant dans le ciel et l’écume,
tout au bout du cordon sableux
un château de nuit,
ombres de palais de poupées
de dragons et de chevaliers
tintagel, en attendant avalon
sa quiescence
et les bras de morgane
où ?