phénix libertaire

esprit démon de mon esprit
phénix sans équivoque
fée nixe à l’équinoxe
tu danses et te couches nue
tu es nues, fleurs psychédélées
entre moi et le corps-dharma
pluies de flèches de zénon

n’est-il pas étrange
non il n’est pas étrange
que les dernières ancres
aux illusions de l’esprit
soient le songe, le sexe et les mots

– le rêve c’est tout un
pour ce qu’y tiennent
toutes les encres

et ce rêve revient
d’un sortilège volant
on croirait un chat, une chimère
un origami bleu pâle, une pliure du ciel
un échassier aux formes féliminines

parfois il se pose au bord du fleuve
et me laisse l’approcher
parfois il déploie ses ailes de papier
ou brûlent les lettres du mot liberté
s’embrase et disparaît


et dans mon cœur, la poésie des choses,
les incantations de l’être,
comme une marée,
montent et descendent
selon qu’il s’approche ou s’éloigne

oh, sait-il
avec quelle tendresse sauvage
j’aimerai entre deux envols
caresser sa tête,
de mes mains lisser ses plumes,
embrasser sa poitrine

sait-il
combien de toute mon âme
j’aime à le voir s’envoler
sur le delta
malgré cette certitude
qu’un jour d’outre-mer
il ne reviendra pas

qu’importe
après tout le corps-dharma,
que s’ouvre l’œil de l’horizon
et que débordent les eaux
sous les chutes d’étoiles

de cette fenêtre d’où l’on a vue sur la mort
et sur les bateaux dans le port
où lèvent et délavent les ancres
il faut bien que tout s’arrête un jour
et que tout poursuive malgré tout

en attendant
ce qui arrivera,
n’arrivera pas,
les carpes font leur ballet dans l’eau claire
et le soleil ondule ses rayons
accorde-moi cette danse
au milieu des flammes

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Petit être

"je suis un être / entouré des forces magiques / de toutes choses / là où je marche / un phoque respire / un morse hurle / une perdrix des neiges jacasse / un lièvre se blottit / moi petit être / entouré des forces magiques / de toutes choses / un être minuscule / ne sachant rien faire / ridicule et bon à rien"