ceux qui vont sur la mer

océanuages
une mer d’océanuages
il n’y a qu’à PLONGER

rejoindre les îles magiques
orcades rorqual
nouvelles dhébrides
avalon la pommée d’or
à portée de rame, voile, nage
à portée de doigts

oh, l’eau qui bruisse et glisse sa caresse au long des cotres, au long des côtes,
l’humidité vivante de son baiser qui éclabousse d’escarboucles et d’éclat
jette sur les ombres son filet mouvant de reflets

comme nous sommes las des flaques
et qu’on nous dise encore : ceci est flasque, ceci est flaque,
tiens donc
et où s’arrête la flaque ?
où commencent le lac, la mer, la merocéane, la géocéane,
le flot d’une géante aquatique comme il y a des géantes gazeuses
des géantes nuageuses, des géantes joueuses qui valsorbitent
dans la brume, jotunheim transmute
un infini de houle et de vagues nubiles, chaudes et bleues
des flots de pierreries et de flammes liquidescentes
mes coquireilles hantendent
le ressac, bat-te-ment-de-coeur, corail et couleur
comme sous tes paupières mes yeux voient
des profondeurs d’encres,
la velouteinte de leur moire
le ciel d’une cité sous-marine

ciel disent-ils, tiens donc
et où s’arrête la mer,
où commence le ciel, l’ocielant,
la SURFACE ?

nous sommes las qu’on nous dise ce qu’est la surface
et las qu’on nous mande même de faire surface
surface, illusion, mirage d’écumes
il n’y a de surface que dans l’œil des noyés

ne voient-ils pas
qu’au soir dans les eaux brillent les étoiles d’où sont venus
mages migrateurs séminaux les astéropoulpes ballet dansant
et qui sait les cnidaires à la traîne d’iris translucide comme un bijou divin ;
que les baleines et les mantes dansent aeriennes leur salutation au soleil
comme les sternes et les cormorans se font poissons pour se nourrir jusqu’à ce que leur poussent des écailles ;
que ma plume elle même s’ennacre des outremondes qui croissent dans les yeux des poissons ;
et qu’à l’horizon là-bas l’illusion s’estompe

plus de surface
la liberté
plus cette apparence de limite,
cette découpe ennuyeuse des limites qu’ils prétendent
doser,
oser poser à nos désiridescences, à nos désirindécence
et appeler sagesses

sagesses-sargasses à sarcasmes oui
je lève mon verre
et si c’est sagesse que de soumettre son rêve
il me plaît à moi d’être fou

ainsi je vois le monde et te vois toi :
une mer sans limites dans toutes les directions
où la mort demeure l’issue la plus certaine, j’en ris vraiment,
tant que surgit derrière le prochain récif
l’archipel magique d’une nouvelle aventure

comme sur tes lèvres, une fleur de tes mots
ce baiser que j’aimerai te voler, la rose de l’ange,
une rose de vents bleutée et crénom
sans pourquoi

 

 

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Petit être

"je suis un être / entouré des forces magiques / de toutes choses / là où je marche / un phoque respire / un morse hurle / une perdrix des neiges jacasse / un lièvre se blottit / moi petit être / entouré des forces magiques / de toutes choses / un être minuscule / ne sachant rien faire / ridicule et bon à rien"