à propos

Cet « à propos » porte plus sur le travail présenté ici que sur son (f)auteur, votre serviteur,  (de ce sujet sans intérêt, le rien qui peut être écrit l’est ici).

Ce site, donc, est issu de la composition sur plusieurs années de recueils de textes que je ne considère pas comme des poèmes et d’une compulsion photographique qui n’a aucune prétention à « faire de la photo ».

Davantage, ces textes et  photographies trouvent leur centre de gravité dans la poésie d’un monde profané, ou plus précisément : dans la poésie des interrogations qu’inflige à l’esprit (lui-même impermanent) l’impermanence d’un monde profané. Ils sont en cela indissociables d’une vision du monde et d’une posture morale que je développe, lorsque j’en ai le temps, sur un autre blog, anarquie en autarcie et d’une agitation dérivante dont je garde trace sur urbartsdrifts.

Les textes sont organisés en différents recueils rédigés au fil du temps. Cette notion de recueil est pour moi importante, bien que cette importance se soit amenuisée depuis que j’ai commencé à écrire. Pour cette raison notamment, je fais court, que l’idée de recueil exclut la logique narrative au profit d’une spatialité propice à la déambulation libre – disons : dérive.

Ces recueils forment les « rubriques » (soit sur WordPress, les « catégories » de ce blog ; on peut y accéder en cliquant les liens qui figurent dans le menu à gauche de l’écran. Bien sûr, découle de ce qui précède que l’ordre des textes au sein de chaque recueil est sans importance.

Je regroupe l’ensemble sous le titre du blog : « Non publiable ».

Non publiable car la majorité des pièces, probablement, ne s’inscrivent pas dans l’air du temps littéraire. L’air du temps littéraire, ou esthétique, est en tout cas un sujet dont je me contrefous.

Non publiable parce que je ne veux à aucun prix ne serait-ce qu’esquisser un pas en avant pour sortir du rang ; débuter ce trépignement du : « j’existe et j’ai quelque chose à vous dire ». Je me fous de « l’existence » ; de la mienne, et sauf très rares exceptions, de celle des gens ; et je n’ai, a priori, rien à leur dire. Je soliloque, parle au vide, converse avec une muse enfuie, et ce faisant, dis ce que j’ai à dire ; les « autres » – c’est si loin, l’autre – peuvent me lire s’ils veulent ; si cela leur parle, tant mieux, et peut-être – peut-être, cela n’a rien de certain -, avons-nous matière à échanger.

Quand je m’interroge sur le cœur de ma motivation, ma réponse la plus fréquente est que j’écris, photographie, filme et… fabrique du ou des bruit(s), comme je bricole, comme je voyage, comme j’écoute de la musique : j’écris pour me rendre le monde habitable ; y inscrire, malgré tout, le rêve, d’un trait – éphémère, bien sûr, il ne peut en être autrement. Sans parler des phases où je me dis que j’écris simplement parce que j’écris, exactement comme je vis et respire : à défaut de n’être pas. Bref, comme je pense bon nombre de ceux qui écrivent, j’écris car j’en ressens le besoin plus que pour être lu – et ne ressens particulièrement ni le besoin d’être lu, ni celui d’être « re-connu » – (a fortiori par des gens qui ne me connaissent pas, et comme si l’on pouvait connaître quelqu’un…).

Comme sur anarquie en autarcie, la parution sur Internet a une double vocation: 1/ d’arrêter et de figer le travail, de le cristalliser pour ainsi dire, en mettant en ordre et en cohérence ce qui se donne en premier lieu comme pulsions ou épiphanies ; 2/ de le partager avec ceux qu’il pourrait, pour une raison ou une autre intéresser.

Non par « fierté d’auteur » mais parce que la malhonnêteté intellectuelle mérite l’échafaud, l’ensemble des textes et photographies présents sur ce site, y compris sur la présente page, est déposé (oui, déposé, comme dans : auprès d’une société spécialisée dans la protection des droits), et soumis à droit d’auteur. Toute reproduction est donc interdite sans mon consentement exprès et écrit.