lyo’ l’iau liod

ne croient si bien dire
chats mânes
l’aridité amère
des présents succédés, décédés, déjà dits, refroidis, flocons, carbone,
carbone, aussi, toutes les roches : désert de cendres

et ma bouche même
poljé, désert de cendres,
et cette langue tordue et sèche
comme un arbre calciné
ne se peut plus parler

il y a là bas d’ailleurs
des forêts de langues carbonifères
tordues, tortueuses, élancées et figées,
des éléphants échassiers
on les dirait de dalí, de giacometti,
mais ce ne sont que les ombres décharnées des hiers succédés

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ewige wiederkehr

disque

…mais quoi des rêves qui reviennent
comme des miracles qui se répètent
des musiques qui remontent
ces émotions inchangées
bleu-méthane du tréfonds
des bulles en boules dans la gorge
et dans les tripes

des musiques qui perdurent
comme passent les choses
et chaque fois que tout au bord je m’avance
à l’aube de l’instant et d’un renouveau
sur mes étagères, avide, je cherche
mais peut être est-ce toi qui les as,
ces mélanodies musicales d’ancolie
en microsillons de mémoire sigillée

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écoute claquer les drapeaux noirs

des cendres descendent
et des spores dorés d’amanite bleues
sur le front des suicidés
le baiser du poulpe sur les lèvres du noyé
morsure, hémocyanine
– et je ne sais combien de jours sont passés

médecine légale
devant vénus orangée brune
dansombre, ankoku butoh :
icônes barbelées
coeurs bombardés d’éclipses
des blessures muettes qui coulent bleu de prusse,
un jus d’ankou, ils l’ont bu jusqu’à la lie
des blessures mouettes qui s’envolent d’un cri
si simple

quand retombent les batailles,
le battement des timbales martiales,
la joie sauvage d’en découdre
comme on pourrait découdre la grève,
séparer la mer de la terre, révéler les muscles du rivage,
les entrailles du sable fouaillées d’oiseaux souterrains,
aveugles et stridulants

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