pierre de foudre

fou de la foudre
et sot du soleil,

mon cœur est une fulgurite
géode et chambre d’échos
la mélodie d’un orage
qui ne cesse pas

et je suis revenu
où la foudre est tombée

le sens de l’impact
descendre dans la fosse
se jeter dans l’arène
danser avec les coupables
qui a dit que nous voulions être sauvés ?

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gongshi

fleurs de lunes, fleurs de pluies,
fleurs de brumes et fleurs de vie…

on tente de transcrire le chant de l’être

j’y reviens après,
comme un carrier
extraire et poncer, à peine,
paesines et pierres de rêve
– des souvenirs, des bribes,
les mots dans l’ordre où ils tombent
au gré des climats et de la mécanique céleste

le babil du hasard, la syntaxe de l’histoire
je ne les pourrais différencier
moi qui ne sais qu’épeler

mais peut-être, ils auront la beauté brutale
des teintes qui tachent les cernes
dans le bois du prunier sauvage,
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aphasie

et ce qui devait arriver arrive
faute en temps utile
d’avoir trouvé les mots
pour ressusciter la couleur
pour ressusciter la chaleur

un dernier deuil
contre toute attente
le deuil du deuil
ne soulage en rien

c’est donc cela
le fantôme d’un fantôme
comme une blessure
dans la blessure

plus de traces dans le sable
plus de vague, plus d’horizon
une pluie de moelle épinière
dégouline et macule tout,
la coagulation dans le ciel
d’un monde rongé

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les allumettes hongroises

mélancolie d’hiver voici les allumettes,
refuge de silence, je les craque une à une
une dérêve encore au chuintement des cascades
le cœur en chamade à chercher les chamanes

chamane aux yeux d’automne,
feuilles mortes et noisettes
à jamais veut reposer mon cœur
sous ton manteau d’humus
avec ce qui était et qui demain sera
l’humaine chaleur des mânes
qui émane de tes mains

chamane aux yeux de givre Continuer la lecture de les allumettes hongroises