oiran doshu

avec la mécanique des corps célestes
une procession de planètes
des courbes parfaites, des couleurs rêvées

la tempête de tes lèvres, le tourbillon de ta langue,
la blancheur de ta nuque et l’azur de ta chevelure,
des tempêtes immenses qui teintent l’atmosphère
des arceaux, des rinceaux qui traversent la nuit :

les apprêts d’une courtisane sacrée,
bijoux d’ambre, de lumières et d’azote,
et aux chevilles, comme des grelots,
les anneaux délicats d’une géante gazeuse

j’en rêverai dans le sommeil second
quand reviendront l’aube et le froid
quand à ton côté je ne serai plus

l’âge du poulpe

j’aurais aimé connaître l’âge du poulpe
quand vous gémissiez sur vos guitares basses
et torturiez la peau des tambours,
que résonnaient les trompes de vos guerres,
m’aller délier dans l’eau lumineuse
de nuages d’encre, de pourpre et d’indigo
avec la promesse au dessus d’un horizon plus vaste
j’aurais aimé connaître l’âge du poulpe
me mêler à votre danse ondoyante d’algues noires
puis suivre comme une caravane sous-marine
la migration des eaux vers le sable du sud

Mais, blanc, ne demeure que cet instant de sel.

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