gyroscopes

sous le chapiteau coloré
au pied de l’échelle le cœur vacille

c’est affaire d’élan, d’équilibre,
se rejoindre là haut dans le froid
d’y penser le cœur s’envole

ondoie la corde raide, un pas encore
leurs mains se joignent, un pas encore
ils marchent de concert, tournoient,
s’envolent

l’un tombera
d’y penser
leur cœur vacille
à chaque seconde,
un pas encore

ensemble moonshine

à épouser la nuit tombante, mendiants
d’un alcool impossible et frelaté
d’un éclair de lune passé en contrebande

nous serons, mon amour,
les clowns et les chiens savants,
les sages miséreux, aux paroles de cadavres

mais lorsqu’au sommet de tes cuissardes luisantes
je boirais les phénols ambrés d’un islay profond

nous rirons et nous crierons
jusqu’à terrifier les aubes

Sein

ku shiki ku
Où paissent les buffles d’eau
à la corne laiteuse
je voudrais somnoler,

ku shiki boum,
ou te regarder danser
dans une armure de latex bleu-grise
comme la mer

boum tiki boum
pratiquer l’attachement
mais avec abandon
– la nonchalance d’un nuage

boum tiki ku
dis, dans tes iris qui grisent
la boussole indique-t-elle
où partirent les dragons ?