hypnose gnosis

comme l’inconfortable terreur
d’un liquide dans les cathéters
d’une sonde d’intubation
d’une paralysie du sommeil

des mécaniques immenses, des horloges folles
perdent les temps circadiens,
concassent les calendes
comme les cailloux

des marchands de sables noirs
brûlent les yeux
ensablent les larmes
saupoudrent la mer

on ne sait déchiffrer
le mystère vert dans l’oeil d’un chat

doute

une       tombent
   à         les feuilles
    une

les cygnes            s’envolent
    dans l’indifférence

      grise-argent

     leur reflet
   les eaux
    les yeux
       se troublent

              aurai-je
  par erreur      emprunté
   le combat d’un autre ?

la question

sur les autoroutes
on dit que le trafic est fluide

élevage en batterie :
ici, on se resserre la nuit
contre l’incinérateur

et l’aube n’est qu’un serpent
dont il faut se méfier

– moi, je rêve
énormes et bleues
les étoiles rares
d’un univers jeune –

mais la rumeur enfle
comme une douleur lancinante

et puis,
qu’ont-ils fait du corps de Laïka ?

sur les autoroutes
on dit que le trafic est fluide