carnet de voyage

un carnet de feuilles de riz
sur les bornes du sanctuaire

sur une page blanche
des contours vides
des âmes solitaires

sur une page blanche
des lignes tracent
les aléas de nos relations

sur une page blanche
gribouillée entre lacets
la carte des sentiments

sur une page blanche
fleuve d’encre, serpente
un shimenawa

l’empoignant,
pourrais-je remonter à sa source
aux poignets liés de la déesse

déjà se défont les pages blanches
la pluie efface les dessins
ruisselle sur les pierres grises

promesse

pâle et marbrée d’extrême onction sanguine,
tu écrivis dans la neige d’automne :
« il faudra renaître » – mais les feuilles
mortes se font terre sous la bruine

se tait maintenant la grive transie
dans l’eau dormante où l’âme s’enfonce,
reste le souvenir d’une promesse :
l’hiver tue l’hiver, il faudra renaître