lignes

l’impression de se noyer
puis le vagissement hagard d’un premier deuil
vita nova

des lignes qui s’entrelacent trop nombreuses
tissent des nœuds gordiens
qu’on ne sait trancher
sans blesser à l’intérieur
ce qui en soi aussi
palpite et saigne

vita nova
à fleurs de peau
comme une fille tatouée
avec une once pas moins
de voyeurisme médico-légal

on passe
un hôtel de passe
au rayon X

vita nova
une ligne verte
comme un lac d’acide
on a écrit un roman
la terreur guettait à chaque ligne
les tressauts d’un électrocardiogramme

puis l’asymptote
– et des hippocampes stellaires
dans le nuage de magellan

ka boum ka boum

je l’entends après l’école
la terre comme un tam-tam
qui bat et palpite

nulle part où se cacher
dans les poussières solaires

les lais, les rayons, les sagaies
toujours assaillent
mais tout ce qui se délabre

des chants de l’hypocras
des épées, des candélabres,
à la danse inverse de l’hippocampe
le chevreuil ou le chèvrefeuille

moi qui n’ai ni nom
ni visage
comment le saurais-je ?

J’entends l’être qui persiste et devient
je l’entends et n’y puis mais

richesse

elles ont des dormeuses

la peau tendre d’une pèche
à peine émergée des pierres
douce comme une poudre

la blancheur d’argile et de kaolin
et poussière d’ardoise miellée d’or

les genoux dans les mains
accroupies les yeux clos
comme des momies
au visage parfait

la quiescence des fées
peut-être écoutent-elles
ce que ne disent pas
les harpes éoliennes
et le gong lointain