fêlures, failures

un retour à la maison
tremblant de fièvre
tremblant de peur
chaque chose à sa place
mais chaque chose faussée
la lampe trop bleue
le tapis trop court
et le cendrier n’a pas la bonne forme

est-ce encore la folie qui œuvre
où ai-je comme un gant mal ajusté
enfilé une vie factice
après la mort

silence radio

parce qu’on n’a su ressucrer les pommes ?
non sans doute
parce que c’est moderne
parce que c’est d’époque
on a décrété le silence radio
– en fait d’ondes,
parasites et distorsions

pour les paroles en l’air,
les promesses non tenues
les déclarations définitives
des engagements politiques
évaporées dans l’heure,
ou les vérités éphémères
de la dictature du ressenti
silence radio, qu’importe

mais vous souvient-il
quand nous inventions un langage
un babil de nouveau-né
des mots d’amour comme une insurrection
pour chanter le printemps, consoler les étoiles
silence radio, camisole de force

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tropical poltergeist

dans les nuits pâles des décalages horaires
les alizées jouent les esprits frappeurs

tout ce qui est maintenant cassé se dilue dans un rhum
on essuie des larmes involontaires
entre les doigts impuissants filent le sens, la raison, les sables

des fissures, des veines ouvertes se dessinent sur l’horizon
comme des coraux de goudron, malades et qui souillent le bleu

on ne croit plus, on ne sait plus
si ça existe, de l’or vivant