bourdon

ils ont construit un échafaudage
pour d’en haut
jeter des porcelaines
casser le matin,
casser le sommeil

toujours irrésistiblement
je reviens butiner
aux iris sacrés,
les fleurs de ta peau
et dans tes blessures
le pollen du devenir

irrésistiblement butiner
malgré la lumière empoisonnée
malgré le fracas et les poussières
au pied de l’échafaudage

pris au piège
des phéromones existentielles
comme d’une pluie de paillettes
à la naissance d’une étoile

souvenir

et mu par le rêve comme par un vent
on s’élève dans le cœur
on revient
jusqu’au au pied des glaciers

rien n’a changé rien ne s’efface
de ce qu’on abandonnât
des deuils surmontés
à force de larmes, de sacrifices

toujours à cette altitude
entre les roches noires
et les neiges mourantes
fleurissent les gentianes nivales

des fleurs de ciel
si belles et si claires
qu’elles colonisent la peau
et envahissent les yeux

je ne suis plus qu’une gentiane
prisonnière de sa couleur
et si tu me distilles
une goutte d’alcool amer