paradize-blast

les rêves et les souvenirs
est-ce arrivé

dans un éclair bleuté
des corps entrelacs
au firmament
perdus

ils disent que c’était une comète

ne restent
qu’une odeur de cordite,
la poudre et la poussière

et dans la bouche
la douleur le métal et le sang

un bruit blanc dans les oreilles
un gouffre dans les entrailles

j’y pense encore
était-ce cela
le paradis

stella mare

un peu plus au sud de toi
retour à la grande mer
l’amertume et l’écume
me manquait ce regard gris

l’océan si bleu qu’on ne peut
sans douleur
en détourner les yeux

comme on est fatigué d’écrire
il ne nous reste qu’à mordre
la poussière des étoiles

éteindre la flamme
étreindre les braises
entendre la cendre

ce jour là je vis des larmes
sur les joues d’une statue

bondage

vus d’en haut sur les places,
les trottoirs,
s’entrelacent les trajectoires
les fils des pantins

maîtres et serviteurs
bourreaux et victimes
également coupables

chacun tire et serre le nœud
tous s’attachent et s’étranglent

et tous ont ce même visage
que dévore la flamme
une clarté trop blanche
trop forte