bondage

vus d’en haut sur les places,
les trottoirs,
s’entrelacent les trajectoires
les fils des pantins

maîtres et serviteurs
bourreaux et victimes
également coupables

chacun tire et serre le nœud
tous s’attachent et s’étranglent

et tous ont ce même visage
que dévore la flamme
une clarté trop blanche
trop forte

spirite

me hante un feu-follet
aux yeux de méthane
fermenté de vie
en combustion complète

mon spectre
décale-moi le monde
créé la fracture
élargis la fissure

et dérive le bleu
– le bleu de tes iris
qui partout où je vais
se sur-impriment
à l’horizon –

dérive le bleu
donne-moi sa pente
que je sache où tomber