une étude en rouge

buée de buée

tout n’est que répétition des potentiels
ces mots qui reviennent sous ma plume
comme tes yeux sur les lieux de leur crime

il n’empêche

inspiration des jours d’éclipse où rougit la lune :
lire l’histoire que raconte la danse des poulpes
en comprendre les secrets messages :
la carte du ciel vu d’une autre galaxie

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vieillir

ce n’est pas le temps qui passe
nous passons comme les couleurs vives d’un linge au soleil d’été
lassitude tropicale, mais toujours l’envie du bleu
qu’ils comprennent, ne comprennent pas, importe peu

on a seulement cessé d’essayer d’expliquer
tous les bateaux là-bas au port s’en iront sans retour

on a cessé aussi de penser émouvoir les pierres les dieux la mécanique céleste – et les hommes ont bien d’autres problèmes des interférences des murs des choix artificiels
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silence radio

parce qu’on n’a su ressucrer les pommes ?
non sans doute
parce que c’est moderne
parce que c’est d’époque
on a décrété le silence radio
– en fait d’ondes,
parasites et distorsions

pour les paroles en l’air,
les promesses non tenues
les déclarations définitives
des engagements politiques
évaporées dans l’heure,
ou les vérités éphémères
de la dictature du ressenti
silence radio, qu’importe

mais vous souvient-il
quand nous inventions un langage
un babil de nouveau-né
des mots d’amour comme une insurrection
pour chanter le printemps, consoler les étoiles
silence radio, camisole de force

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tropical poltergeist

dans les nuits pâles des décalages horaires
les alizées jouent les esprits frappeurs

tout ce qui est maintenant cassé se dilue dans un rhum
on essuie des larmes involontaires
entre les doigts impuissants filent le sens, la raison, les sables

des fissures, des veines ouvertes se dessinent sur l’horizon
comme des coraux de goudron, malades et qui souillent le bleu

on ne croit plus, on ne sait plus
si ça existe, de l’or vivant