Мария Александровна Спиридонова

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tu dis
qu’elle est belle cette rivière sibérienne
quand elle ôte sa fourrure blanche aux temps de débâcle, entre ses rives aux fleurs blanches et écarlates dans l’air cristal de iakoutsk ;
qu’ils sont beaux les drapeaux rouges et noirs,
une diva dont la robe virevolte dans les salons dorés de petrograd
quand ils claquent au dessus des foules en colère ;
qu’ils sont beaux ces ouvrages dérobés aux librairies
où le capital s’offre les avant-gardes à vendre
– c’est égal : maïakovski et essénine ne sont toujours pas réduits au silence
pas plus que ne le sont crevel, cravan et desnos ;
et tu dis qu’il est beau ce monde qu’enchante ton regard…

mais moi, de l’histoire, je ne connais que la courbe douce de tes joues où la lumière se pose comme une feuille d’or blanc,
le bandeau dans tes cheveux comme une couronne de roses et de fleurs d’oranger ;
et je sais ce qu’ignorait le poète – qu’existent les pavots polaires, les silènes acaules, et les dryades a huit pétales,
seulement, de toutes les fleurs, arctiques ou tropicales – ton ikebana sur le clavecin du philosophe -,
je n’ai d’yeux que pour tes yeux

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