urgences labyrinthiques

parmi leurs erreurs
et parmi leurs mensonges
le labyrinthe croient-ils,
serait œuvre de dédale,
immobile et fini ;

oh,
et c’est pour fuir que nous nous serions changés en oiseaux…

fuir ?
ils veulent tant croire que la fuite est possible
mais le dédale n’est que la rançon de l’être
plus encore, sa façon d’être
alors on ne se perd pas plus qu’on ne se trouve
et il n’y a ni prisonniers ni sortie :
derrière les murs attendent des murs
et d’autres murs encore au-delà
et dans les murs eux-mêmes, sont des labyrinthes,
à l’intérieur desquels s’emboîtent des labyrinthes

moi icare qui ai traversé le ciel et plongé dans les eaux,
je sais que l’air est un dédale de courants mouvants
et qu’un dédale interne fait le bleu de chaque goutte
j’ai vu leurs labyrinthes, leurs glyphes
mise en abîme infinie et absurde aux mortels
et dans le soleil, un labyrinthe tournoyant
comme un puits de feu sans fond

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les fruits d’icare

et puis au milieu du dédale,
dans le mouvant dédale des reflets,
des jeux d’ombres et de lumières
il y a ce jardin luxuriant
de fruitiers gorgés de sève et de couleurs
qu’icare a rapportés
des autres mondes
– les planètes éparses parmi les galaxies
dans les yeux de la fée

ils ont poussé là, sauvages,
sur une litière de carbone
de poussière de lune et de cœur brisé
(le cœur brisé d’icare
il s’en est forgé un autre après la chute)
et la peau de leur fruit,
oh, y plonger le regard
c’est tomber dans un télescope
parmi des nébuleuses d’étoiles inconnues ;

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shéol éolien

champs_eoliens

moïra, le sais-tu croire ?
les plus médiocres parmi leurs aèdes
aujourd’hui encore
glosent de mes démesures

me prétendent mort au soleil touchant
après avoir aux oiseaux emprunté leurs plumes
quand eux ont sur le ciel violet, sur le ciel volé,
bâti des moulins géants à faire fuir le quixote
qui veulent moudre l’horizon
pour d’une prédation muette
capturer le feu de l’air…

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l’autre rêve

enfermé dans le labyrinthe
j’aurais manqué chère muse
ta transformation en sirène sélénée…

c’est que mille ans m’ont occupé
cantiques de neige et mélodies glaciaires
des branches de corail pour un singe en hiver,
pipe a opium et fleur d’arhum,

je rêvais
des baisers au creux de ta cheville
poussaient en volutes fleurées
de cerisier à l’assaut de tes jambes

je rêvais
à tes oreilles pendulaient les disques lunaires
quatorze lunes, toutes de jupiter
quand tu tirais les tarots aux hommes-colquinthes
parmi les verts verres où ruisselait l’absinthe

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