santosha


tant de fumée
c’est fou comme il brûle et tousse
mon bûcher catarrhe
fortitude, omni vanitas, rien n’est parfait,
l’aube et le soir si souvent se confondent

intraveiner, un cadeau,
sereine seringue d’azur,
ce qui fleurit en fin de saison, en mi-saison,
croît, arborescence de corail
au ciel antérieur

au ciel intérieur,
intraveinures, une paésine de nuages,
la confusion des sentiments
la fatigue et le repos
le travail et la vacance libre
joie et mélancolie
tu vois, tout se mêle, tout se mielle

tu vois, je ne sais plus écrire,
j’ai d’ailleurs arrêté ;
un peu plus tard,
un peu plus au sud sur le portulan,
mes mots ne sont plus des mots,
un fredon, tout juste

il y a cette lumière dorée sur ton visage,
je sens cette lumière dorée sur mon visage
comme je regarde
voler les abeilles tardives,
passer les rêves,
joli vent

et parfois, les saisis, les goûte,
demain j’irais vaquer au vieux cerf-volant,
en buvant des sangrias avec ma douce,
écouter du garage, le chant du lucane bleu,
et puis écouter l’océan, comme il respire
au soleil d’automne

gratitude



alors, au revoir

/des aurevoirs aux adieux,
où commence l’éternité ?

/une soirée aux caves,
l’eau dans les vasques,
des danses rupestres

/tu sais, je sais à peine lire
quand j’ai mal
mon calendrier de lucioles

/l’éternité commence
(il est) tôt pour les papillons
quand sonne l’heure,
la fin d’une éclipse,
on ne retient personne
– sans comprendre, cela s’apprend –

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le dict du vieil harry

… … …
ma danse de vieillard
ma danse sur les falaises
au bruit du ressac
old harry rocks
rocks like the sea

et puis s’asseoir
les jambes dans le vide
tu pourrais être la mer
ou cette vague qui s’avance,
laisse entrevoir dans son eau
le ciel antérieur,
des paysages fantastiques,
la fête foraine
d’une jouvence renouvelée
et se retire
avant que je n’aie pu plonger

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kaiser melange

comme venue de l’autre côté du miroir
de l’autre côté du vent
une voix qui pourrait être la tienne
répète qu’il ne faut pas tout mélanger
mais mon âme demeure un cocktail
aux couleurs flammées de moire et d’iris,
la robe d’un combattant du siam,
solitaire et nocturne

si je vois la nonchalance de ces éléphants funambules ?
leurs jambes de jazzmen et leurs trompes saxo,
qui traversent la nuit sur leurs cordes emperlées de rosée
rosée,
si hauts sur la cité, au-dessus des serres et des verrières ?

l’œil qu’un être ailé a enchâssé dans les tendons au dos de ma main les voit

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l’abîme et la bête

qu’as tu,
de ces ciseaux de tes pas
qui découpent l’être,
ou des mots derniers d’une langue perdue
– revenants et sourciers qui font lever l’influx -,
réveillé cette bête
qui sommeillait au bord du gouffre
absente, muette, tant qu’on la croyait morte
basculée dans le néant, après la chute de l’aigle
après qu’ont chu l’étoile et sa larmée de couleur
séchée en poussière et évanouie dans le vent

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– berce-moi
laissez tomber, rendez les armes
la citadelle du silence est inexpugnable
et noémie vit dans sa plus haute tour
une tour d’ivoire qui fut la défense d’un mammouth cosmique
– le grand mammouth bleu, à la fourrure épaisse comme une forêt,
qui enfanta ganesh, mais c’est une autre histoire

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nouria

un théâtre jazz sombre comme un navire noir,
une fontaine mélancolique
ô darlingless d’empire,
loin des nornes, loin des nords,
des bikers charbon aux regards d’ambre…
ahaha, ils dansent, tubular bells et mélano-saxo,
tout ce qui aurait pu être, tiens :
« imaginez tout un peuple amoureux-fou »

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louvres





la COULEUR
des taches de couleur
dans les pavés l’image

voudrais tu poser tout au bout de ma langue comme le bonbon d’un mot nouveau, la fraîcheur suave d’une glace à l’italienne, couleur pastelle, un premier jour de vacances
et que nous soyons la ville, si claire et vive dans le soleil qu’on la devine à peine dans une blancheur de papier glacé, la photo sur-exposée d’une page de magazine

la COULEUR
des tâches de couleur
sur les pavés, la place

la place et le musée, la place qui regarde le ciel, son frisson pastel, et frisonne sous le talon claquant des passantes à la plastique parfaite, leurs pénombres de fleurs, d’ikebana, de coquilles saint-jacques, compostelle, de fleurs et leurs tâches de couleur, photos sur-exposées d’une page de magazine
mais murmurent les fontaines à l’oreille de la place où s’érige l’obélisque, un obélisque pour la belle odalisque,
il y a mieux au louvre

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à qui la faute ?

à qui la faute ? rrose sélavy ?
la persistance rétinienne, comme au fond d’un verre de saké,
d’un rêve d’adolescence et de fleur de pêcher,
de fleur de cocktail, blue gin,  ginger-elle,
curaçao girl au cuir assez potemkine,
dont l’ylang-ylang trouble mon hemingway
pour qui sonne le glas ? pas pour moi, pas pour nous,
inspire, cela sent la fleur, cela sent la mer, cela sent la poudre ;
expire, regarde, nous sommes vivants, vivants comme jamais

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