footage dégueule ?

guerre froide puis réchauffement
débâcle d’une rivière russe ;
et out of africa, comme par fait exprès,
on en apprend de belles

nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude
mais les feux follets,
ah ça ne manque pas d’air
il faut dire : ils en sont filles,

&héhé évanouis, s’étonnent, inouï !
que plus rien ne chante
film muet,
surexposé, sans intérêt

des chantiers à l’arrêt, velvia piquetée,
flares et couleurs dépassées
des fondations de briques et des grues rouillées
et ce mur auquel on parlait
en croyant qu’il répondrait

pas de kobold, dans les herbes hautes
mais j’y ai laissé trois fois des cœurs brisés
et des coups de soleils et d’enfance
aucun ne pousse, et l’image saute,
à quoi bon, plus personne ne regarde

pour des nouvelles
s’adresser au bureau des nouveautés à gauche,
après les poubelles

dénuement

branches, veinules, fissures
et taches en pluie aquarelle
encore elle

ce qui croît et ce qui choit
l’hiver
et le coeur

« self-similaire »

subharmoniques

nyctalope :
voyant mais sans être vu
– au ban, loin du centre
sur le chemin des subharmoniques
croiserais-je encore ce faiseur de radars,
immortel maintenant ?

j’en doute, même si, ne le dites pas,
j’ai volé son âme dans sa vitrine,
pour cartographier
– radiographier – les profondeurs,
répertorier les prédateurs oblongs
les rythmes sourds de leurs nages
et de leurs luminescences internes

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hieronymit lied

jérôme des mots morts
on élise les élisions
au pain et à l’eau, c’est déjà bien
ni dieu ni tentation ni samadhi
ni même vœu de silence
seulement : pas de lune qui fait lever les mots
et ce chien qui tend sa chaîne
aboie, grogne dans la nuit noire
mord parfois, unique blessure et encore :
rien ne blesse tant le cuir s’est tanné
au silence, au ressac de l’amer

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dictionnerf

Les couleurs de ce nuancier sont évidemment inexactes ; les couleurs authentiques peuvent être consultées sur le site des marques concernées ;
en espérant que les titulaires de ces dernières ne prennent pas… ombrage… de ce détournement.

Mélusite – n.f. – (Géol. viel.) se disait autrefois des magnétites bleutées que l’on trouve dans les yeux des fées. Par extens. 1.(Médic.) rare affection ophtalmique décalant dans les bleus toutes les couleurs perçues par celui qui en est atteint. Ex. : « vous souffrez, mon ami, d’une mélusite aiguë » (Jules Vernes, Les exilés de la ville mystère, Hetzel, Paris, 1881). 2. (Psychol.) Compulsion érotico-poétique.
(Encycl.) Si les premiers cas de mélusite ont été relevés dans les années 1850 chez certains gardiens de phares et navigateurs polaires, il faut attendre 1923 pour que les travaux scientifiques concluent à la double origine de ce trouble oculaire, qui résulte à la fois du phénomène dit de « fuite de flamme » et d’une surexposition au bleu de l’horizon. Selon le consensus scientifique actuel, la mélusite se caractériserait par une anomalie des bâtonnets qui projette l’ensemble du chant magnétique de la lumière sur la bande comprise entre 480 et 500 nanomètres. Pour cette raison, plusieurs doctrines ésotériques contemporaines soutiennent qu’elle permet de voir l’invisible, mais aucune preuve empirique n’a pour l’heure été apportée à cette allégation.
À ce jour incurable, la maladie est fréquemment associée à une profonde mélancolie et à un délire poétique.

géode

passer les voiles blanches, et les récifs,
les fendre, coupe géologique
rase

plus l’envie et le temps
manque autant que les mots
se taire et taire
les toponymes d’une géographie intérieure

géode
graphie interne : muette
(tag, bruit blanc comme neige)

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