insomnie chérie

des cerises mon aimée,
des cerises dans l’aube, des cerises dans le vide
comment n’être pas saisi de l’envie folle, une envie d’enfant,
de les passer dans tes cheveux
humant au passage le parfum de ton cou,
en boucle à ton oreille où je les voudrais
plus sauvages et plus vivantes que sur l’arbre,
saisir de mes lèvres pour les déposer sur les tiennes,
ces cerises rouges comme tes lèvres
qui fissurent mes nuits
des cerises comme un baiser goulu

et après minuit, minuit chérie,
des cerises météores
aux incandescences de braise
ce qui était dans l’arbre s’élève au-dessus de l’arbre
des oscilloscopes comme des erreurs boréales
frissonnent les anneaux de saturne
– qu’était-ce, qu’était-elle,
la synthèse sonore et mélancolique
d’ un tintement de glace ?
cerise de glace

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tiptoe

nuit
j’ai retenu pour ma grotte
un astéroïde du vide cosmique
au calme, entre les galaxies
où ne parvient nul vent solaire

une veille comme une veillée d’armes
en attendant que les phèdres sombres dévorent la nuit,
je ne vois rien, ni n’entend rien si ce n’est…

acouphènes, phosphènes,
les phèdres sombres aux ailes grises ?
non, non, pas encore
les ténèbres et le silence
devant moi, sans limite,
impalpables,

mais toujours lancine le rêve
familier, éveillé,
de ce feu follet funambule,
de cette flamme vagabonde

qui, à l’inspiration,
hante mes mots lorsque je les écrits
mais absent lorsqu’à l’expiration je lève les yeux

mais tip toe
comme une horloge,
comme une goutte,

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ἔαρ

écoute ce qui murmure
le retour du printemps
de cette envie folle

de toits d’ardoises
bleus dans le soleil
de la lumière si intense
qu’éblouissent les calcaires-luths et siens
et que les ombres à la vermeer
les ombres de la laitière
dérivent vers la mer ;

de t’offrir le brin de vent
d’un amour sauvage, de cet amour mutant
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