schwarzwald

Le danger n’est jamais là où on l’attend. J’ai encore, dans mes cahiers, les notes que je pris après avoir réalisé pour l’aéropostale la première traversée de forêt noire jamais tentée.

Je me souviens que ce que nous redoutions tous, c’était la crème. Les couches de cette crème légèrement mousseuse, qui colle à toute fourchette, nous semblaient bien capables de bloquer l’hélice et de faire caler le moteur.

Il y avait de quoi être inquiet. Cela devait faire quelques instants que j’avais décollé depuis la piste en chocolat, et ma souris qui me suivait dans sa lunette avait dû me perdre de vue depuis deux minutes à peine quand, bien calé dans mon fauteuil, les mains crispées sur le manche, je m’enfonçais avec appréhension dans un nuage de crème épaisse. Ce fut le premier d’une longue série de chocs. Diable ! Quelle violence ! Et à chaque fois, les sacs de courriers et colis tressautaient dans la soute, ajoutant à mes embardées… mais, contre toute attente, le moteur tint bon.

Le pépin, si j’ose, ce fut cette cerise, pourtant si imbibée de kirsch que personne, jamais, n’aurait pensé qu’elle offrirait une pareille résistance.  Il faut dire qu’un noyau y avait été oublié – et il arriva ce qui devait arriver : l’hélice grignota la griotte sans coup férir, et éclata le noyau dont l’amande vint percuter l’un des volets d’aérofrein. C’était une catastrophe car à l’époque, je le rappelle, les pistes étaient très courtes dans ce gâteau. Il n’y eut rien à faire : j’eus beau actionner la manette dans tous les sens, impossible de sortir les aérofreins, et je dus atterrir comme on s’écrase, en laissant dans la piste de cacao pulvérulente une énorme saignée.

… Je n’eus la vie sauve qu’en raison d’un brouillard de crème particulièrement bas qui me retint d’aller m’éclater dans les hangars de l’aérodrome. La crème finalement s’était avérée un allié précieux, et tous les pilotes ensuite l’utilisèrent comme telle lorsque la correspondance meringue-chocolat devint régulière.

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X

x-file

carte de vœu – avec un X

[géographie du désir]

un autre continent? X-oplanète

& l’impossible

ласкать термен



l’horizon, la verticale
sais tu que mes mains sont comme
ces échos radars
des oiseaux de distorsions sonores
des orages magnétiques
qui tournoient sur l’horizon
au plus haut des hauts gréements
et veillent au sommet des mâts,
partout entre terre et ciel
cherchent ton corps,
son feu de saint-elme

sous vingt doigts, barbarie

… souvenir faute de doux venir, voici que de nous, veaux, le babil de la sybille tombe en cédille dans ma sébile mémorielle et que de babel, ou était-ce de pavie, était-ce à lutèce ou était-ce à séville, l’ombre d’écybèle, sa silhouette si svelte et si belle, me revient en fêloire.

J’avois chu de ripailles de rimailles en ripailles de limaille et de bézoards obèses, de ces bézoards bazooka, qu’on désosse et dépose a la base du houka, obérant nos observantes obsessions. J’aurais préférer chouaber, passe à d’aultre casards ; mais qui ferre, lorsque le bézoard s’inmute en casoar casqué, (de cette casaque bleue d’otan que déploient en roulant les dés du vent sur oran gelé et toutes les orangeraies du monde) ? alors, oh, tous les jeunerfs, les jeunes légionnaires, les charençons et l’esquilles, s’en enchantent et s’égaient sur l’éplage, sautent du carrosse, s’agencent sans s’agacer, en sagaies sagaces, dans l’écume en raies oranges de seaux de soleils versés, versifiés, vérifiés et migrateurs ; jeu ne fit pas exception – quel reître en luth gras, Manon ! Quel faîte ce tulle fat !

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jet d’encre

walkinggirl02222_copie

lumières et larmes dans la ville
les jambes d’un reflet
rorschach sur horizon d’alcool
en jet d’encre, teinture d’agaric d’envol

les ailes déployées d’un coléoptère
une fille, un pas en avant
pleine d’allant
vers quoi devant ?