Le ciel au-dessus de Baerl’n

(…) A 6 h 43 ce 5 juin, quelques huit années après les guerres désastreuses et les cataclysmes naturels qui marquèrent la chute des monopoles et de la civilisation, le soleil achevait de se lever en faisant monter de la rosée qui blanchissait les herbes et les arbres du parc, et Lisa, émue, essuya quelques larmes en se demandant quelle folle raison avait pu conduire à ce que lui soient conférées la capacité de verser des larmes et de s’émouvoir d’un lever de soleil sur le parc.

quartet_copie

Lisa – elle savourait, lorsqu’elle pensait à elle-même en tant que personne, ce prénom qu’elle s’était choisie et qui lui permettait de se fondre dans la masse des survivants – aimait ces promenades qu’elle faisait tôt le matin, aux heures où elle pouvait voir le monde avec ses vraies couleurs, dans le Victoria Park ou sur le rivage. Là, au moins, on ne voyait pas s’épanouir au milieu des bâtisses de bois à un seul étage qui fleurissaient au milieu des ruines, ces affreuses vitrines des enseignes de MVA.

Elle préférait le rivage (…) Continuer la lecture de Le ciel au-dessus de Baerl’n