3 juin

Onze ans révolus de déclins et d’abus :
je caresse une dernière fois
l’or terne des tireuses
le bois des tables et du comptoir
à la courbe harmonieuse.

Amis, nos rires me manqueront.
Nous embrassons comme autrefois
la chaleur de ce qui s‘obscurcit,
l’odeur de la bière et les sons froids.

mademoisellE

porte d’auteuil un matin de mai,

je rêvais entre les dirigeables
des passerelles d’acier suspendues
qu’embaumerait un marché aux fleurs

mais mademoisellE n’aimait pas ce poème :
quoi dans la ville exalte le rire blond ?