trigger mute


je tente une orcade
mon orcade de rorqual
bruit blanc, rauque, 52 Hz, ensemble vide
pour é-clore comme on é-feuille,
taille le carbone du neuf hash au 9b sans HB
une, deux, trois séquences vaines
ça dérêve au loin de l’octuple sillage

trigger mute,
un silence d’oracle ;
si l’air de rien, tigre de papier,
origami d’une page blanche,
passe la vague,  son écume
de noctiluques scintillants

l’ô de rien, afflue l’encre des pulpes
chaque point est un départ
et je nage ma danse rorquale
vers de nouvelles débrides

moteur 2 temps

du temps qu’il fait
au temps qui passe
théorie des climats
trahison des trois saisons,
un plat de restaurant chinois

les revirements de l’été,
du tout au rien, sans crier gare ;
les morsures gratuites du froid
en guise de cadeau de noël,
l’embâcle bâclée clouant au sol
tout ce qui vole ;
et les fuites de printemps
ni renouveau ni cerise
un sein de glace
où plus un coeur ne bat

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hasch bar

ça ne guérit pas
cette plaie qui suinte
et pourtant
il y a si longtemps que je n’ai plus mal
une décennie, deux peut-être
et si j’y ai parfois appliqué en les prenant pour onguent,
ce que je croyais être des grains d’horizon,
et qui n’étaient que gros sel mêlé de sables
de triste et bourgeoise extraction
– les mines sont épuisées et les nains fouisseurs ne s’intéressent qu’à l’or -,
cela n’a rien changé,
aux lèvres comme au coeur de l’entaille la brûlure est restée indolore

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nadja’s nada

fanée,
– fallait-il être aveugle
pour ne pas le voir,
il fallait, ni plus ni moins,
« vouloir y croire »

fanée,
la fleur avait éclos flétrie déjà
stupide, pompeuse et vaine
comme une adolescence qui s’attarde,
mais déjà fanée,

et le regard a suivi ses pétales
tombés dans l’eau,
des pétales bathyscaphes
qu’une avarie aurait coulés

les enfonçant doucement
une pluie de couleur qui délavait
dans la pénombre profonde
bas, de plus en plus bas

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