batellerie

où commencent, s’arrêtent
les rivières souterraines,
l’écume luisante dans le sillage des nuits d’étoiles

– grande batelière sur grange batelière
ce qui glisse silencieux sur les eaux,
est-ce la trirème noire et or des heures dures de labeur
et sa chiourme aux cadences d’éperon,
– mystère de tambourineman -,
ou la gondole d’une reine de la cité des doges
que l’on devine sous son manteau de moire rouge
nue – non, vêtue de ses seuls bijoux ?

Continuer la lecture de batellerie

question remisée

ah non, allons,
allons…

ce que « tu » vaut : plume d’or,
comme silence
(il n’y a pas de contraires)
ce que tu vaux : feuille d’or
on y prise les encres bergamasques
pour cerner les auréoles de l’être
cela a nom : icônes,
et photons-graphies
poèmes de photons-magies

et puis qu’importe le flacon,
pourvu qu’on ait l’ivresse
– pourvu même qu’on soit l’ivresse

Continuer la lecture de question remisée

footage dégueule ?

guerre froide puis réchauffement
débâcle d’une rivière russe ;
écoute : le murmure des eaux,
au politburo rien ne change
et out of africa, pas fait exprès,
on en apprend de belles

nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude
mais les feux follets,
ah, ça ne manque pas d’air
il faut dire : ils en sont filles,

&, héhé, évanouis, s’étonnent, inouï !
que plus rien ne chante
film muet,
surexposé, sans intérêt

terrains vagues et no man’s land
des chantiers à l’arrêt, velvia piquetée,
flares et couleurs dépassées
des fondations de briques et des grues de rouille
et ce mur auquel on parlait
en croyant qu’il répondrait

pas de kobold, dans les herbes hautes
mais au creux d’un chemin
j’ai laissé à l’abandon trois cœurs brisés
et des coups de soleils et d’enfance
aucun ne pousse, et l’image saute,
à quoi bon, plus personne ne regarde

pour des nouvelles
passer le modiste, la fleuriste, et l’état civil
s’adresser au bureau des nouveautés
au fond, à gauche,
après les pompes funèbres et les poubelles