question remisée

ah non, allons,
allons…

ce que « tu » vaut : plume d’or,
comme silence
(il n’y a pas de contraires)
ce que tu vaux : feuille d’or
on y prise les encres bergamasques
pour cerner les auréoles de l’être
cela a nom : icônes,
et photons-graphies
poèmes de photons-magies

et puis qu’importe le flacon,
pourvu qu’on ait l’ivresse
– pourvu même qu’on soit l’ivresse

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footage dégueule ?

guerre froide puis réchauffement
débâcle d’une rivière russe ;
écoute : le murmure des eaux,
au politburo rien ne change
et out of africa, pas fait exprès,
on en apprend de belles

nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude
mais les feux follets,
ah, ça ne manque pas d’air
il faut dire : ils en sont filles,

&, héhé, évanouis, s’étonnent, inouï !
que plus rien ne chante
film muet,
surexposé, sans intérêt

terrains vagues et no man’s land
des chantiers à l’arrêt, velvia piquetée,
flares et couleurs dépassées
des fondations de briques et des grues de rouille
et ce mur auquel on parlait
en croyant qu’il répondrait

pas de kobold, dans les herbes hautes
mais au creux d’un chemin
j’ai laissé à l’abandon trois cœurs brisés
et des coups de soleils et d’enfance
aucun ne pousse, et l’image saute,
à quoi bon, plus personne ne regarde

pour des nouvelles
passer le modiste, la fleuriste, et l’état civil
s’adresser au bureau des nouveautés
au fond, à gauche,
après les pompes funèbres et les poubelles

dénuement

branches, veinules, fissures
et taches en pluie aquarelle
encore elle

ce qui croît et ce qui choit
l’hiver
et le coeur

« self-similaire »

caché

un que tu ne verras
que nul ne verra, je crois
(mais tous vivront –
par définition peut-être,
et c’est bien dommage)

faute de l’avoir cherché
vingt, trente ans après
un dernier tract caché
dans les catacombes

à qui aura cherché
si l’humidité n’a pas dévoré
lettres et papier,
si tant est qu’il entende ;
et encore,
il faudrait qu’il parle
les réverbérations inversées,
l’argot des orpailleurs,
– à la mémoire de philibert perdu
dans cette carrière
et cætera

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shkôdra

la gelée blanche ce matin
ne fond pas au soleil bas
et las, semblent perdus ces camélias,
émaux et camées, corps et biens

mais il y a
une chanson douce
tes doigts qui caressent la carte
passent les frontières
invisibles des profondeurs
où plongent les mots parfois

caressent la carte
caressent ta peau, la mienne
bat comme un tambour du désert
il n’y a pas de frontières