richesse

elles ont des dormeuses

la peau tendre d’une pèche
à peine émergée des pierres
douce comme une poudre

la blancheur d’argile et de kaolin
et poussière d’ardoise miellée d’or

les genoux dans les mains
accroupies les yeux clos
comme des momies
au visage parfait

la quiescence des fées
peut-être écoutent-elles
ce que ne disent pas
les harpes éoliennes
et le gong lointain

une fin de plus

comme une fourrure rousse
qui sous la neige courre les galeries
blanches et scintillantes
vers le trésor des bois –

les fruits de l’autre monde
collectés au temps d’avant
quand déclinait le soleil –

nous sortirons
un matin de printemps,
aux temps de débâcle

un bruit retentira
un regard de surprise
une tache rouge sur la neige