la question et le cri

« Words, words, words », répond Hamlet à la question de Polonius – « What do you read my lord ? » Et cela reste la meilleure, car la plus exacte, plus honnête, plus objective et plus humble réponse qui se puisse apporter à la question : qu’écris-tu ? Il reste cependant qu’elle ne restitue pas pleinement combien l’écriture touche au cri davantage qu’au mot ; combien, toute entière, elle ne vise qu’à amener le mot au plus près du cri – un cri jeté vers le large d’une plage nocturne, en toute connaissance de l’improbabilité… absolue ? que se trouve par-delà l’horizon ou au-dessus, dans les étoiles de la constellation du chien, quiconque pour entendre. Le paradoxe est que n’en soit pas moins profonde et vraie cette autre réponse, de Saint John Perse, celle-ci, et à la question : pourquoi écrivez-vous ? : « pour mieux vivre ».
Après tout, sous la question, le cri est notre façon de mieux supporter la douleur.

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Petit être

"je suis un être / entouré des forces magiques / de toutes choses / là où je marche / un phoque respire / un morse hurle / une perdrix des neiges jacasse / un lièvre se blottit / moi petit être / entouré des forces magiques / de toutes choses / un être minuscule / ne sachant rien faire / ridicule et bon à rien"

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