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Si, comme dans une chorécaligraphie de Shen Wei, chaque de nos mouvements, de nos trajets, de nos faits et gestes, marquait le monde d’une trace d’encre, ne laisserait-on au dernier jour que le chaos vain d’un gribouillis, ou quelque arabesque tournoyante et gracieuse ?

Alors le graphologue, devenu biographe, pourrait-il lire dans les pleins, nos pesanteurs, nos habitudes et nos persévérances ; dans les déliés, nos libertés, nos extravagances – et les discontinuités de nos sauts, de nos inconséquences, de nos légèretés.

Et probablement, si l’on a su de sa vie faire une danse, la volute, figée à l’heure de notre mort, s’étalerait dans plusieurs dimensions, une éclaboussure de Zheng Lu – et peut-être qui sait, en éclairant l’œuvre de la lumière appropriée, y trouverait-on, projeté dans l’espace à l’intention de nul dieu et de nul successeur, un soutra, une équation, un poème – le texte sacré et inabouti d’une existence, ou ce qui revient au même, le cri pur de son évanescence.

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Petit être

"je suis un être / entouré des forces magiques / de toutes choses / là où je marche / un phoque respire / un morse hurle / une perdrix des neiges jacasse / un lièvre se blottit / moi petit être / entouré des forces magiques / de toutes choses / un être minuscule / ne sachant rien faire / ridicule et bon à rien"

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